Le neuromarketing vous fait “tuer” vos utilisateurs tout en empochant votre argent

Pour bien cerner les neuromarkéteurs, partons de la définition commune du dictionnaire : un charognard est une espèce de rapaces se nourrissant de carcasses qu’il n’a pas tué lui-même. Au sens figuré, une personne impitoyable qui n’a aucun scrupule à dépouiller les autres.

Depuis quelques temps, nous, Psychologues et Sociologues issus du monde du soin et entrés en Sciences humaines comme en sacerdoce pour comprendre les gens et les émanciper voyons arriver, avec une horreur à peine dissimulée, toute une série de gens qui se prétendent markéteurs ou bien UX – et je souligne qui se prétendent : les vrais markéteurs et les vrais UX ont heureusement un peu plus d’éducation que cela et un peu plus de tenue- et dont le principal fait de gloire est de venir piller les outils théoriques de la Psychologie et de la Sociologie par effraction.

Evidemment, ces rustauds ne les comprennent pas, ils n’ont pas fait les études qui vont avec et ils jouent avec leurs nouveaux jouets comme des enfants : c’est à dire de façon inconsciente et surtout de façon très maladroite. Très préoccupés qu’ils sont de la Porsche et de la Rolex qu’ils rêvent de s’offrir en secret, ils sont prêts à tout (comme dans le film avec Nicole Kidman), y compris à brader leurs pères, leurs mères et, avec cela, tout l’héritage théorique des Sciences humaines s’il y a moyen de se faire quelques billets.

De vrais pilleurs de tombes égyptiennes, en somme, qui ont 5 nez authentiques de Nefertiti en stock à vous vendre du moment que vous avez l’argent et que vous êtes suffisamment bêtes pour vouloir perdre votre âme. Parce qu’à la fin, et c’est ce point précis qui en fait des charognards : eux, empochent votre argent et c’est vous, directeurs et directrices d’entreprises et chef.fes de projet qui, en appliquant leurs méthodes, tuez votre relation de marque et les services que vous comptiez proposer et pas juste un peu, durablement. Vous raquez pour détruire vos projets.

Le neuromarketing vous entraîne sur des pentes glissantes en termes de relation de marque

Et, si vous ne les avez pas encore vus, ne vous inquiétez pas, ils sont parfaitement reconnaissables : des camelots qui vous vendent de la Psychologie sur instagram comme on vous vend de l’investissement locatif. On trouve pêle-mêle dans ce tas de fumier un UX à San Francisco qui veut utiliser l’amorçage pour -je cite- vous aider à “manipuler les utilisateurs contre leur gré afin qu’ils vous achètent tout ce que vous vendez”. Des psychologues qui ont depuis longtemps oublié leur code déontologie pour faire des séminaires où on vous apprend “à tordre le bras aux utilisateurs” (stage sponsorisé par la maffia russe certainement) ou bien des soit-disant experts en vente qui vous placent “de la psychologie persuasive” avec des titres aussi romantiques que “Comment manipuler, convaincre, persuader”.

Eh, les gars : à quel moment vous vous êtes dits qu’on voulait tous vivre dans total recall ? Et à quel moment vous avez pris la confiance au point d’oublier que les titres de psychologues et de sociologues sont protégés et qu’on allait peut-être y mettre bon ordre ? Façon exercice illégal de la médecine.

Mais dans ce jeu, les considérations morales ont peu de place : en effet, le premier réflexe des clients quand on parle de ces sujets, c’est de se dire : “je vais essayer, si ça marche, je ne veux pas me faire doubler par la concurrence”.

Alors soyons un peu pragmatiques et reprenons : pourquoi le neuromarketing ne marche-t-il pas et tue votre marque à petit feu ?

Première raison d’éviter le neuromarketing : ce sont des stratégies naïves

Les neuromarkéteurs sont comme de petits Louis XIV : ils se mêlent de stratégie sans rien y comprendre et sans rien en savoir.

“Allez, venez clients, nous allons tordre le bras aux utilisateurs et ils vont obéir… forcément.”

Quelle naïveté : la première chose qu’on apprend quand on est Psychologue, c’est que les gens s’adaptent et qu’ils sont géniaux pour s’adapter. C’est un pilier de la survie humaine.

Ceux que vous réduisez à être de simples consommateurs, des vaches à lait en somme, dans votre logique d’objet partiel, sont en réalité des animaux intelligents, formés de façon brillante par l’évolution et qui vont se mettre à tacler vos stratégies à deux balles au bout de 5 mn d’utilisation.

Ils le font en spontané et surtout, au fur et à mesure que le marché s’éduque et que nous psychologues, journalistes et autres emmerdeurs de service, nous levons le voile sur vos abominations pour que vos petites arnaques fassent long feu.

Arrêtez de prendre les gens pour des cons.

Le neuromarketing une mauvaise stratégie

Deuxième raison d’éviter le neuromarketing : le neuromarketing est un véritable tueur de confiance et de relation de marque

Imaginez que vous “datiez” un garçon.

Et ce garçon s’avère être un vrai barge. Un vrai de vrai. Un psycho.

Après quelques semaines, vous vous apercevez qu’il est cinglé et qu’il a l’intention de vous enfermer à la cave pour vous faire manger des têtes de poissons. Parce qu’il vous aime <3

À votre avis, vous allez rester ? Ou vous allez prendre vos jambes à votre cou.

Et s’il vous trompe avec 10 autres filles ? Vous allez rester ?

Et bien, pour la relation de marque, c’est pareil : que vont dire les utilisateurs de vous quand ils comprendront que vous les avez manipulés ?

Vous allez créer des bastions de haine et de résistance et ce sera bien fait pour vous : vous l’aurez bien mérité.

Et toutes les statistiques de recherche que nous avons tendent dans cette direction : à rompre le respect et la confiance de vos utilisateurs, vous vous tirez une balle dans le pied. Vous rompez le principe fondamental de l’échange.

Troisième raison d’éviter le neuromarketing : les alternatives positives et dignes sont celles qui offrent le plus de pérennité

Que va-t-il se passer si vous êtes un peu dignes : si vous apprenez à vos enfants à faire du vélo plutôt que de les frapper ?

Et bien ils vont vous aimer. Parce que vous êtes honnêtes et que vous les respectez vraiment.

Parce que chez vous, ils peuvent grandir en toute sécurité.

C’est bon pour les gens, c’est bon pour les actionnaires et c’est bon pour les employés qui travaillent dans une boîte dont ils peuvent être fiers : ils se lèvent le matin pour aider réellement les gens.

Et encore une fois, ce n’est pas moi qui le dit : la recherche nous donne des séries de statistiques très claires en la matière qui montrent, par exemple, que les assurances qui rabrouent leurs affiliés et les abusent au lieu de les aider perdent 3 fois plus d’argent au final que si elles leur avaient tendu la main.

À vous de choisir dans quel monde vous souhaitez vivre.

Si la morale ne vous convainc pas, peut-être l’argent vous fera voir la bonne porte d’entrée.

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